dimanche 8 mai 2011

"No man is an island" par John Donne

"Any man's death diminishes me, because I am involved in Mankind; And therefore never send to know for whom the bell tolls; It tolls for thee."
"La mort de tout homme m'amoindrit parce que je fais partie de l'humanité; c'est pourquoi ne demande jamais pour qui sonne le glas, il sonne pour toi."

mercredi 16 mars 2011

...

Ceci est mon corps, délivré de tout.
Il ne m'appartient plus, et cependant...
Me suis-je vraiment appartenue, ne serait-ce qu'une fois?
Plus de questions, j'en ai fini avec moi, fini avec ça.
Lignes, traits, courbes, je me délite à votre gré.
Je ne respire plus et deviens fragments de chair.
L'abandon prend forme et se livre,
Ivre de se mettre à nu.
Ceci est mon corps, et je me suis perdue.

vendredi 21 janvier 2011

"Narcissisme" par Raymond Devos

"Vous savez ce que c'est, le narcissisme?
C'est se plaire, SE plaire!
Narcisse s'était épris de lui-même en se contemplant dans l'eau d'une fontaine.
Et moi, j'étais chez ma marchande de chaussures...en train d'essayer une paire de vernis...
Et en me penchant pour juger de l'effet, je me suis vu dans ma chaussure comme si j'y étais!
Elle réfléchissait mon image!
Comme de plus la surface d'une chaussure est courbe...convexe...elle faisait miroir déformant!
Si bien que...selon que je m'approchais ou m'éloignais, mon visage changeait de pointure...
(Selon que son visage s'approche ou s'éloigne de sa chaussure, ses joues se creusent ou se gonflent.)
Alors, fatalement, à un moment...(il se fige à mi-chemin)j'étais beau!
Alors là, je n'ai plus bougé!
Je suis resté là à me mirer dans ma chaussure.
Et plus je me mirais, plus je m'admirais!
Je trouvais que j'avais de beaux yeux.
J'ai dit à la vendeuse:
"Je crois que j'ai trouvé chaussure à mon pied."
Elle m'a dit:
"Vous avez de la chance!"
Je lui dis:
"Oui, je suis verni!"
J'ai payé et, sans même daigner jeter un regard sur la vendeuse, je me suis retrouvé dans la rue, comme ça (il le mime) à marcher tête baissée...
Je ne pouvais plus me quitter des yeux!
Alors, les gens qui me connaissaient:
"Comment ça va?
- Ca va!
- Salut toi!
- Salut!"
Les badauds:
"Qu'est-ce que vous regardez,
-Ca me regarde!"
Les gens croyaient que je faisais du nombrilisme parce que c'est sur le trajet...Mais non!
C'était bien du narcissisme...et de la plus belle eau!
Alors, les gens qui m'aimaient bien essayaient de me distraire:
"Regarde là-haut! Il y a un ange qui passe!"
Je répondais:
"Je sais! Je le vois passer dans ma chaussure!"
Les psychiatres se sont penchés sur mon cas.
Ils sont venus regarder dans ma chaussure pour voir s'ils m'y voyaient.
Comme ils s'y voyaient aussi, ils s'y miraient!
Et plus ils s'y miraient...plus ils s'admiraient.
Ils finissaient par ne plus voir qu'eux-mêmes!
Alors, ils disaient:
"Il y a un tas de gens dans les chaussures de Devos, sauf lui!"
Et un jour...quelqu'un m'a marché sur le pied.
Le lendemain, j'avais une tête comme ça! (Geste à l'appui) Un menton en galoche!
Je marchais à côté de mes pompes.
Là, j'ai dit:
"Ca suffit! Terminé!"
Je suis retourné voir la vendeuse, je lui ai dit:
"Mademoiselle, donnez-moi une autre paire de vernis, mais MATE!!!"
Elle a chaussé ses lunettes...elle s'est penchée...et elle est restée là à se mirer dans ma chaussure.
Et plus elle se mirait, plus je l'admirais!
Elle avait quelque chose d'un ange!
Depuis, on ne se quitte plus d'une semelle...
Mesdames et messieurs...si vous m'entendez dire, en regardant ma chaussure:
"Tu as de beaux yeux...tu sais?"
Ce n'est plus du narcissisme!
C'est de l'amour..."

lundi 27 décembre 2010

Pensée vagabonde...

"A ceux qui font sourire on ne dit pas merci -
Je sais, oui, ça ne fait rien,
Sois ignoré.
Va donc laisser la gloire à ceux qui font pleurer.
Je sais bien qu'on dit d'eux qu'ils sont "les grands artistes" -
Tant pis, ne sois pas pas honoré.
On honore jamais que les gens qui sont tristes.
Sois un paillasse, un pitre, un pantin - que t'importe!
Fais rire le public, dissipe son ennui,
Et, s'il te méprise et t'oublie
Sitôt qu'il a passé la porte,
Va, laisse-le, ça ne fait rien,
On se souvient
Toujours si mal de ceux qui vous ont fait du bien!"

Extrait du dernier acte: les conseils de Debureau à son fils Debureau (Sacha Guitry)

mercredi 8 décembre 2010

"Dans le blanc des yeux"


Dans les collines du Népal se trouvent des sociétés tribales, à l’origine ni bouddhistes, ni hindouistes : les plus connues sont les Magar, les Gurung, les Tamang, les Rai, les Limbu.
Depuis des siècles, elles utilisaient des masques, pour certains sans doute associés au chamanisme, qui subsiste de nos jours. Visages d’ancêtres, figures de personnages mythiques, démons et bouffons, ces masques sont le reflet de l’imprégnation du chamanisme et des croyances ancestrales dans la vie quotidienne et les rituels de ces sociétés tribales.
Mais ces masques, qui n’ont pas fait l’objet de recherches scientifiques approfondies, sont encore peu connus. Ils ont commencé à apparaître sur la scène mondiale il y a environ 30 ans, et ont frappé de rares amateurs par leur violente étrangeté. Parmi eux, Marc Petit, qui les a collectionnés et a été l’un des premiers à comprendre que leur brutalité résultait d’un art très audacieux. Il a fait don au musée du quai Branly de pièces exceptionnelles.
Formidablement mis en valeur, puisqu'il est possible de tourner autour de chaque pièce exposée et d'avoir ainsi accès à l'autre face, à son intime, son mystère.
Le masque se dévoile, d'une certaine manière, en se livrant ainsi, totalement. Le masque est profondément vivant et nous raconte son histoire.

mardi 19 octobre 2010

La vérité du comédien

"Je voudrais juste dire quelques mots sur ce que représente pour moi, à notre époque, l'acteur de théâtre.
L'acteur de théâtre est un acteur non enregistré.
L'acteur de théâtre se remet en question tous les soirs: il provoque de la part du public un consensus différent chaque soir sur le sens de la pièce et la valeur de son travail, parce que l'acteur de théâtre n'est pas le même acteur d'un soir à l'autre, et que le public non plus n'est pas le même.
Je ne pense pas qu'il existe de méthode universelle pour jouer la comédie, et l'acteur de théâtre se doit d'inventer une méthode nouvelle pour chaque rôle.
Il peut avoir des principes, voire une éthique, il ne dépend que d'une seule loi: convaincre. Et il ne dispose d'aucun support technologique pour cela.
Il doit pouvoir se glisser entre l'inconscient de l'auteur et le filtre de son écriture. Il doit pouvoir mener sa propre enquête sur sur ce qui a dû se passer entre l'inspiration souvent mystérieuse de cet auteur et la mise en mots de son texte: être l'artisan incarné de cette alchimie.
Contrairement à ce que demande souvent le cinéma, il n'est pas le photographe de la vie; la vie, il la transcende! Il en est la caisse de résonance.
Dans une époque informatisée au paroxysme, où le consommateur d'images s'apparente de plus en plus à une foule solitaire, où les maîtres de la technologie n'ont jamais autant parlé de communication, je crois que le théâtre est une des dernières expériences qui soit encore proposée à l'homme pour être vécue collectivement.
Et l'acteur de théâtre est le magicien de cette expérience."

Laurent TERZIEFF

mardi 5 octobre 2010

"You'll be the death" Shannon Wright

When the day is over
And it falls into grey
Move your body close
They're changed
And could you be the answer
For a wretch like me
Claps your hand in mine
I must confess
You'll be the death...
Of me...

And all my trials start
Move to the light
Your arms your face
The cruelest eyes
And could you blur my visions
No words do we need
Claps your hand in mine
I must confess
You'll be the death of me
While I...

I sit here waiting...
All day
I was aged
I'll be your friend
All day
I was aged
All day
I'll be your friend
You'll be the death...
Of me...

You sing the saddest songs
And the voice in my room
Your arms your face
The cruelest eyes
And could you be the answer
For a wretch like me
Claps your hand in mine
I must confess
You'll be the death of me
While I...

I sit here waiting...
All day
I was aged
I'll be your friend
All day
I was aged
All day
I'll be your friend

You'll be the death of me
While I...

I sit here waiting...
Waiting...

No hope for you
No hope for me
You'll be the death of me
While I...

I wait for you.