"When I saw you last night I wanted to say, Run away with me away from the cynics That this could be the start of something truly real But all that I could say was 'hey'."
Des poèmes classiques de Shakespeare mis en musique par Rufus Wainwright. Les personnages sont incarnés par les comédiens du Berliner Ensemble, sous la direction de Robert Wilson. Arte, en diffusant ce soir ce programme, m'a fait...du bien, beaucoup de bien.
Le sonnet 29 est celui qui me reste le plus en mémoire: "When, in disgrace with fortune and men's eyes, I all alone beweep my outcast state And trouble deaf heaven with my bootless cries And look upon myself and curse my fate, Wishing me like to one more rich in hope, Featured like him, like him with friends possess'd, Desiring this man's art and that man's scope, With what I most enjoy contented least; Yet in these thoughts myself almost despising, Haply I think on thee, and then my state, Like to the lark at break of day arising From sullen earth, sings hymns at heaven's gate; For thy sweet love remember'd such wealth brings That then I scorn to change my state with kings."
Le spectacle se termine avec le sonnet 20, chanté par Rufus Wainwright lui-même:
"A woman's face with Nature's own hand painted Hast thou, the master-mistress of my passion; A woman's gentle heart, but not acquainted With shifting change, as is false women's fashion; An eye more bright than theirs, less false in rolling, Gilding the object whereupon it gazeth; A man in hue, all 'hues' in his controlling, Much steals men's eyes and women's souls amazeth. And for a woman wert thou first created; Till Nature, as she wrought thee, fell a-doting, And by addition me of thee defeated, By adding one thing to my purpose nothing. But since she prick'd thee out for women's pleasure, Mine be thy love and thy love's use their treasure."
Et encore Un tour de roue supplémentaire Pour les magiciens de foire Pour les bateleurs et les petits enfants! et voici la galerie de nos hommes illustres, Toutes ces grandes figures héroïques et risibles celles qui firent l'Histoire et celles qui firent semblant Regardez les bien! Observez leurs sourires narquois leurs visages murés leurs regards vides et cruels... Et voici tout de suite Un homme de la rue: sa femme vient de le quitter. Il pleure. Pour cet homme il n'y a pas de plus grande catastrophe dans ce siècle de catastrophe! En voici un autre: Un autre homme en chair et en os Celui-là a défilé pour l'indépendance des peuples d'Indochine de la Nation à la République Il a apporté les valises du FLN Il a quitté le Parti Communiste Français pour protester contre l'écrasement de l'insurrection hongroise par les troupes soviétiques, pour protester contre la non divulgation du rapport Khroutchev par le PCF Il a manifesté pour le putsch des généraux à Alger Il a manifesté pour la paix au Viêtnam "Ho-Ho-Hô-Chi-Minh!" "Ho-Ho-Hô-Chi-Minh!" contre l'impérialisme américain - US GO HOME! VIETNAM VAINCRA!
Mai 68 Il a fumé des joints à Berkeley, occupé la Sorbonne et Renault-Billancourt Il a été flingué d'une balle dans la tête à Berlin Il a lancé des pavés et dressé des barricades au Quartier Latin Il a lu Soljénitsyne Il a voté Mitterrand en mai 81- Un homme débordé! Si vous voulez tout savoir Il n'a rien voulu rater, Etre là où il fallait Il ne faut pas rater ça, Mesdames et Messieurs! Quelle chance! Vous ne savez pas la chance que vous avez! On vous épargne d'être intransigeant tous les accommodements sont bons à prendre les temps sont à la transaction! Suffit d'avoir envie de se laisser berner La tranquillité est à ce prix! Mystifier et berner - faut en avoir envie. Mystifier et berner - faut en avoir envie. Mystifier et berner - faut en avoir envie.
On ne sait jamais qui a raison ou qui a tort. C'est difficile de juger. Moi, j'ai longtemps donné raison à tout le monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que la plupart des gens à qui je donnais raison avaient tort ! Donc, j'avais raison ! Par conséquent, j'avais tort ! Tort de donner raison à des gens qui avaient le tort de croire qu'ils avaient raison. C'est à dire que moi qui n'avais pas tort, je n'avais aucune raison de ne pas donner tort à des gens qui prétendaient avoir raison alors qu'ils avaient tort ! J'ai raison, non ? Puisqu'ils avaient tort ! Et sans raison, encore ! Là, j'insiste, parce que...moi aussi il arrive que j'ai tort. Mais quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ? Remarquez...il m'arrive de donner raison à des gens qui ont raison aussi. Mais là encore, c'est un tort. C'est comme si je donnais tort à des gens qui ont tort. Il n'y a pas de raison ! En résumé, je crois qu'on a toujours tort d'essayer d'avoir raison devant des gens qui ont toutes les bonnes raisons de croire qu'ils n'ont pas tort !
Je ne suis pas une scientifique et ne l'ai jamais été. A l'école, toutes les matières telles que la Physique, les Mathématiques et autres trucs en "ique" m'ennuyaient profondément. Une exception cependant: "Sublimation"! En physique, la sublimation est le passage direct d'un corps de l'état solide à l'état gazeux, sans passer par l'état liquide. Par conséquent, cette transformation se fait sans passer par une étape de fusion (de solide en liquide), ni une étape d'évaporation (de liquide en gaz). Je trouve cela fascinant et le mot infiniment bien choisi.
Mais c'est également un terme introduit par Freud en psychanalyse, désignant un processus qui rend compte d'activités humaines apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouveraient leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Freud a décrit comme activités de sublimation principalement l'activité artistique et l'investigation intellectuelle. La pulsion est dite sublimée dans la mesure où elle est dérivée vers un nouveau but non sexuel et où elle vise des objets socialement valorisés. Je trouve cela fascinant et le mot infiniment bien choisi.
Sur l'initiative (très bonne d'ailleurs) d'une amie, je me rends à l'exposition "Kandinsky" au centre Pompidou, une rétrospective qui retrace son travail de 1896 à 1942. Mes cours d'Histoire de l'Art sont loin derrière moi, j'apprécie d'autant plus, c'est une vraie redécouverte. L'oeuvre est riche et révèle toute la complexité de l'artiste, son questionnement, son évolution à travers sa propre vie mais aussi l'Histoire. Dans l'une des galeries, se trouve un mur avec sept oeuvres, de taille plutôt modeste. Je suis un peu décontenancée, elles appartiennent toutes à l'art abstrait, c'est évident, mais semblent pourtant dire autre chose que les autres vues précédemment... L'une d'entre elles me séduit tout de suite. Je continue ma visite, mais en voyant la suite de l'expo, je n'arrête pas de penser à cette peinture; j'y retourne et me rends compte que ce mur est dédié aux peintres qui ont croisé, voire partagé la vie de Kandinsky. Ce tableau qui m'a tant plu est en fait de Paul Klee (toujours lire les petits encards dans le coin!) J'ai pris un réel plaisir - je ne dis pas le contraire - et j'ai ressenti un vif intérêt pour certains tableaux, certaines aquarelles et autres gravures sur bois de Kandinsky (j'ai beaucoup aimé "Quelques cercles"), mais... ...j'aime encore plus l'idée d'être partie à la rencontre d'un peintre qui, sans le savoir, m'a guidée sur le chemin d'un autre. Sans rancune Vladimir!
Pour la petite histoire, mes amies et moi, après cette exposition, sommes allées boire un verre dans un café qui s'appelle...L'Imprévu! J'ai trouvé que c'était parfaitement de circonstances.